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OCCASION RATÉE

Le Bloc québécois renie l’indépendance du Québec comme cible:

Texte de Michel Blondin

Le Bloc n'est plus que l'ombre de lui-même. Il a toujours ménagé la chèvre et le chou. Mais depuis les dernières années, malgré les résultats catastrophiques aux élections fédérales générales de 2011 et ceux de 2015, il n'a pas fait la réflexion nécessaire à un redressement de la situation.

L'OCCASION RATÉE est cette histoire peu édifiante d'un parti mêlé.  Au lieu de devenir un parti qui fait la promotion de l'indépendance et de cesser de jouer à des règles abâtardissant le Québec français, il joue le jeu du cadre canadien jusqu'à faire une bonne opposition officielle dans ce régime.  Voyons en résumé comment il a dévié de son  objectif ultime et les conséquences désastreuses pour l'électeur et les militants indépendantistes.

 

LA DÉVIATION DU BLOC

Personne ne se souvient que les motifs de la révolte au Bloc québécois des sept députés, le 7 juin 2017, étaient fondés sur une demande publique tout à fait puérile.[1] De un, changer de ton : un prétexte. De deux, changer le chef de cabinet selon leur volonté : une intrusion dans la gestion. Et de trois, expulser le chef parlementaire Xavier Barsalou-Duval : un autre prétexte. Le lendemain, conférence de presse. Tout avait été réglé : en apparence.

 

Tout le monde connaît la suite. La fronde soutenue par l’ex-chef Gilles Duceppe est devenue une mutinerie au point où il y a eu tordage de bras, référendum imposé et démission de la cheffe. Ensuite, les sept députés ont fondé un parti au nom inapproprié de Québec debout. Ces députés ont affirmé ne plus être indépendantistes. Sept mois plus tard, ces mêmes députés rejettent à nouveau l’indépendance et reviennent à l’appel du chef Beaulieu.

 

Pourtant, plus du tiers de la population québécoise est indépendantiste, une donnée relativement constante depuis plus de 30 ans. Aussi, des milliers de membres du Bloc québécois ont voté aux deux tiers au référendum du 1er juin 2018 pour le programme indépendantiste le plus résolu et avant-gardiste connu Pour faire du Québec une république. Ils ont renforcé ainsi la proposition unanimement adoptée au Bureau National du 24 mars 2018 et sans surprise adoptée unanimement aussi au Conseil général qui a suivi.

 

Ce que peu de monde connaît, c’est la suite ! Chef intérimaire, Beaulieu vire capot avec lesdits députés et se met à faire la chasse aux indépendantistes dans toutes les organisations bloquistes. Des stratagèmes ont alors été mis au jour. Puis, les sept mutins ont pris les commandes du parti. Encore aujourd’hui, grâce à leur personnel et leur budget, ils empiètent et débordent sur le contrôle du parti pour le mettre au pas.

 

D’ailleurs, le 18 août 2018 au Conseil général, sous le couvert d’abdication du poste de chef, un stratagème illégal a été utilisé. Moins d’un mois plus tard, Mario Beaulieu et le président du parti seront sujets d’un contrôle judiciaire pour usurpation de pouvoir alléguée dans une demande en justice. Déjà, deux demandes d’injonctions interlocutoires provisoires et une autre d’irrecevabilité des défendeurs ont été rejetées, mais la demande de pourvoi suit son cours.

 

Puis, a eu lieu une course à la chefferie dont ils ne voulaient pas. Des milliers de militants n’ont encore rien vu de toutes ces manœuvres politiques. Ils sont maintenant orphelins d’une volonté d’agir dans le sens d’un programme indépendantiste.

 

Ces députés ne sont pas plus, aujourd'hui, indépendantistes dans le Bloc qu’ils ne l’étaient hier. Comme ces mutins, le chef des bloquistes appuie le nationalisme canadien des caquistes. Pour tout dire, ils ne veulent pas de l’affrontement des volontés politiques nécessaires à la transition de province canadienne à pays du Québec. Nous avons trop joué dans ce scénario.

 

Nous refusons de continuer à servir de caution à ces députés et dirigeants qui travestissent la cause de l’indépendance. Nous voulons servir notre pays du Québec et non servir de tremplin à des opportunistes et carriéristes dans le Canada. Nos chemins ne peuvent plus se croiser, mais que se distancier.

Ce parti, la semaine précédent le congrès du 16 mars 2019, voulant faire taire le président de la circonscription de Châteauguay et incapable de l'expulser  pour absence de motifs, a décidé de mettre en tutelle tout le conseil exécutif de la circonscription de façon à leur enlever les droits de parole pour ce congrès. Il faisait indirectement ce qu'il ne pouvait faire directement.

Nous refusons ce Bloc devenu un obstacle par le temps et par la soumission à leurs intérêts qui ne ressemblent plus à nos visées de faire du Québec un pays.

 

[1] https://www.journaldemontreal.com/2018/02/28/bloc-quebecois-sept-deputes-claquent-la-porte